jeudi, 12 novembre 2009
Lesson one.
Mes enfants sont calme, ils regardent ensemble un livre. Ils s'intéressent aux merveilles du monde, aux autres pays du monde.
-Tu vois là sur la photo, c'est le Makenpeace.
-Ah... Et pourquoi il s'appelle comme ça ?
Antoine perplexe :
-Ben, je sais pas.
-Regarde. C'est un petit garçon.
-Oui. Et alors ?
-Pourquoi il s'appelle le man qui pisse ? C'est un kid qui pisse.
(crédit photo : net)
21:18 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mercredi, 11 novembre 2009
En alerte.
Je ne sais pas si le reste du monde l'a su : Bombay était en alerte cyclone.
12h51, je fais mes courses tranquillement, les enfants sortent à 14h de l'école, j'ai le temps. Le caissier s'empresse d'une façon inhabituelle, il fourre tout dans les sacs sans ordre précis. Que se passe-t-il ? Un vendeur, Prakash, me signale que le magasin ferme à 13h.
-Why ? Qn ?
-Cyclone, m'am.
Au même instant, mon téléphone sonne. Sur l'écran, je lis : "aditi", la secrétaire de l'école :
-L'école doit être évacuée à 14h, faut venir chercher les enfants.
-Why ? Pourquoi ?
-Cyclone, madame.
Suivi de deux chotus portant mes courses, je saute dans la voiture.
-Ghar jaldi chalo, Fazal ! (vite à la maison!)
Il me prend au mot.
Pendant qu'il slalome entre les voitures, les piétons, les vaches et les charrettes, la main bloquée sur le klaxon, trop heureux, je regarde les boutiques se fermer et les gens s'agglutiner aux arrêts de bus.
Je pense, pas de problémes, si on est coincé chez nous, je viens de faire les courses.
Je jette mes sacs de survies dans l'entrée et ressaute dans la voiture :
-School jaldi chalo ! (vite à l'école!)
C'est la fête aujourd'hui pour mon chauffeur.
En passant devant Haji Ali, je remarque que la mer s'est complêtement retirée de la baie.
-Fazal, dekho ! Qn ? (Regarde ! Pourquoi ?)
Il lance un "Wahou" tout en portant trois fois les doigts sur son cœur et ses lèvres.
-Mai nahee janti hoon.
Il sait pas non plus. C'est bien ce que je pensais, c'est pas normal.
Freinage devant l'école à la David Starkfazal, je sors de la voiture. Rentre dans la coure, vide. Je cherche et trouve mes enfants m'assure que tout va bien. Et je vais voir le directeur peut être qu'il en sait plus :
-Quoi ? Cyclone ?
-Petit cyclone au large de Bombay, état d'alerte, il devrait atteindre Bombay vers 17h.
Je regarde ma montre : 13h32.
Tout le monde en voiture. Direction la maison. En route, les boutiques, l'Atria Mall sont fermés, les concessions de voitures et les bureaux se vident. Mais dans les rues les petits vendeurs en tout genre et les familles sont encore sur les trottoirs comme d'habitude. Au feu, un gamin s'approche pour nous vendre des livres. Je demande à mon chauffeur de lui dire de se mettre à l'abri, l'enfant reste perplexe, je crois qu'il n'a pas compris...
Arrivée à la maison, je congédie Fazal.
J'allume la TV : des images de mer démontée et de pluie torrentielles. Je regarde pas la fenêtre : la pluie s'est arrêtée et le vent s'est calmé.
Finalement, le cyclone est passé au dessus de Bombay et en atteignant les terres il s'est affaibli puis à disparu.
Ce n'était pas un gros cyclone, les vents étaient plutôt faible et les pluies pas si abondantes que ça. Mais je ne peux m'empêcher de penser aux dégats qu'il aurait pû faire si il était passé sur les kilomêtres de bidonvilles autour de l'aéroport, vers ceux de Mahim ou celui de Dharavi ou encore sur les cabanes de fortune des pêcheurs le long de toute la côte. Les petites maisons faîtes de bâches en plastique bleu et en planches de bois auraient-elles résistés aux vents même faibles ? Les familles installées sur les trottoirs auraient-elles survécus aux fortes pluies ?
23:13 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
mardi, 10 novembre 2009
Du monde, pas moins !
- M'am
- Ha ? (Oui ? en hindi)
- I'm lucky. You the becht becht m'am on the vorld*. (en english driver)
- Really ? Shukriya, Fazal.
*Vous êtes la best best m'am du monde !
20:45 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 09 novembre 2009
Micro-vie
Mon plus grand moment de solitude indienne est quand une envie pressante m'a prise entre Shimla et Manali avant d'atteindre la vallée de Kulu. Bref, une petite description topographique des lieux s'impose : falaise à droite, falaise à gauche, aucun buisson accéssible derrière lequel j'aurais pû me réfugier et l'image de "m'am" accroupie derrière la voiture sous le nez du chauffeur ne me réjouit guère. Donc, un arrêt à la première station service s'impose.
Pendant que le chauffeur fait le plein, je m'informe sur les restrooms.
-Opposite, me répond le pompiste.
Opposite ? Je ne vois qu'un gros bloc de béton percé d'une porte, pas de fenêtre. Bon. Je traverse avec ma tribu.
J'entre. Dans le noir, je distingue un lavabo en béton à gauche, un seau d'eau presque vide, une rangée de quatre portes à droite, une autre à gauche, et une odeur pas tout à fait insoutenable, mais suffisamment pour que mon fils nous lâche à l'entrée.
Je m'aventure vers la gauche, accompagnée de ma fille.
Évidemment, je cherche même pas les toilettes western, y'a pas.
Ne vous imaginez pas qu'en poussant la porte de toilette western on se retrouve face à de John Wayne, c'est juste le nom donné aux toilettes disons, normaux, et non un trou noir dégageant une odeur répugnante et infesté de bêtes aquatiques, comme ceux devant lesquels je me retrouve.
"Pouuuahh, j'ai plus envie !" déclare Camille en tournant les talons. Je la sômme de revenir : qui va me tenir la porte y'a pas de loquet à l'intérieur ? "Personne ne va rentrer là-dedans" me cri-t-elle en courant. Mon regard se pose alors sur Antoine :"Est-ce que tu aimes vraiment tes enfants ?"
Ok. Ils m'abandonnent. Je persiste.
Une rapide inspection des lieux : pas de papier, normal. Un petit broc par terre pour se laver, si je veux, la main droite après. Je dois d'abord remplir le broc. Il n'y a pas le robinet habituel juste au dessus. Pas de problème, je saisi le broc pour le remplir au lavabo à gauche de l'entrée. J'en profite pour reprendre une bouffée d'air. Ma famille est installée dans l'Innova, elle m'attend.
Pas de robinet ! Ni au-dessus, ni au-dessous du lavabo. Rien. Juste quelques gouttes au fond du seau. Je les récolte dans mon broc.
Je reprend une bouffée d'air. Les bras s'agitent d'impatience dans l'Innova.
Je retourne au dessus de mon trou noir. Je cherche un mouchoir en papier dans ma poche. Un événement incroyable se produit : j'en trouve un ! Légèrement usagé par mon fils, certes, mais c'est finalement ce que j'ai de plus propre.
Je fais ce que j'ai à faire. J'ai plus qu'à verser brutalement le contenu du broc dans les toilettes. Et puis, voilà. Sauf que, vous avez oubliés que le-dit broc et loin d'être plein, qu'il ne contient que quelques gouttes.
Au lieu d'être englouties par les chutes du Niagara, les petites bêtes, ranimées par la fraîcheur de l'eau, reprennent de plus belles leur conversation au fond du trou noir !
J'évite pour la quatrième fois, les flaques jaunâtres autour du trou, et rejoins ma famille avec une aventure passionnante à raconter.
20:26 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
jeudi, 05 novembre 2009
We look good on the bollywood dancefloor*
Que Tony arrête de chanter fleurette à Maria dans le West Side ! Que les Travolta restent au lit avec leur fiévre ! Que les Billy Eliot rangent leur collants ! Que les Bacchan, Kapur, et autres Khan stoppent leur danse dodelinante à la vue des Deepika, Bipasha, Aishwarya et Sonam !
Aucune chance d'égaler nos bollywood-pas de danse ! La musique commence, l'ivresse nous emporte, impossible de stopper notre fougue!
*On est trop bollywood dance fort !
19:07 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


